County Sports Partnerships, une opportunité pour les clubs sportifs en quête de développement

Les County Sports Partnerships, rebaptisés Active Partnerships depuis 2018-2019, ne sont plus de simples relais fédéraux. Leur périmètre couvre désormais l’activité physique au sens large, la santé publique et l’inclusion. Pour un club sportif français qui observe ce modèle anglais, la question n’est pas de le copier, mais d’identifier les mécanismes concrets qui pourraient alimenter une stratégie de développement structuré.

Sport Welfare Officers : un back-office opérationnel pour les clubs

Le levier le plus sous-estimé des Active Partnerships réside dans leur réseau de Sport Welfare Officers, financé par Sport England et la National Lottery. Ce réseau a connu une montée en charge notable depuis 2024.

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Concrètement, ces officers interviennent directement auprès des clubs sur des problématiques que la plupart des structures associatives gèrent seules : protection des publics, inclusion, formation des encadrants, mise en conformité des pratiques d’accueil. Le réseau a déjà accompagné plus de 5 000 clubs sur ces sujets.

Pour un club français, le parallèle est instructif. Nous n’avons pas d’équivalent structuré à l’échelle départementale ou régionale. Les comités départementaux olympiques et sportifs (CDOS) remplissent une partie de cette fonction, mais sans le maillage terrain ni le mandat santé-sécurité qui caractérise les Sport Welfare Officers.

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Un club qui cherche à se développer gagnerait à cartographier les dispositifs d’accompagnement existants sur son territoire et aux solliciter de manière proactive, plutôt qu’à attendre une offre descendante.

Conseillère d'une County Sports Partnership échangeant avec un entraîneur de club sur le bord d'un terrain de football lors d'un accompagnement au développement

Social prescribing et clubs sportifs : un canal d’acquisition de pratiquants

Depuis 2023-2024, une part importante des Active Partnerships est formellement intégrée dans les dispositifs de social prescribing du NHS. Le principe : un médecin généraliste prescrit une activité physique à un patient, et le club local devient le point de délivrance de cette prescription.

Ce mécanisme transforme le club sportif en maillon d’un parcours de santé publique. Les retombées ne sont pas seulement symboliques. Le social prescribing génère un flux régulier de nouveaux pratiquants orientés par le système de soins, avec un profil souvent différent du public habituel : personnes sédentaires, seniors, porteurs de pathologies chroniques.

Ce que cela change pour la gestion d’un club

Accueillir un public prescrit par un professionnel de santé impose des adaptations concrètes :

  • Des créneaux d’activité physique adaptée, encadrés par du personnel formé, distincts des entraînements compétitifs classiques
  • Un suivi individualisé minimal, avec retour d’information vers le prescripteur (médecin, link worker)
  • Une capacité à documenter l’impact de l’activité sur la santé des participants, ce qui conditionne souvent le maintien des financements

Nous observons que les clubs anglais les plus avancés sur ce terrain ont structuré une offre « santé » parallèle à leur offre sportive traditionnelle. Le social prescribing n’est pas un bonus, c’est un modèle économique complémentaire.

Active Partnerships et gouvernance locale : le rôle de la concertation territoriale

Les Active Partnerships occupent une position de coordinateurs entre collectivités, associations, établissements scolaires et acteurs de santé. À l’échelle d’un comté anglais, ils animent la concertation sur les investissements en infrastructures sportives et les priorités de santé publique.

En juillet 2026, Active Kent a lancé un « Place Universal Offer » qui standardise l’offre d’accompagnement à l’échelle du comté. Yorkshire Sport a publié des travaux d’évaluation montrant l’impact des partenariats locaux sur la mise en mouvement des communautés les moins actives.

Pour un club français, la leçon opérationnelle est claire : le développement passe par l’ancrage dans les politiques territoriales de santé et d’inclusion. Les contrats de ville, les projets locaux de santé, les appels à projets de l’Agence nationale du sport fonctionnent selon une logique similaire. Un club qui se positionne comme partenaire santé d’une collectivité accède à des financements et à une visibilité inaccessibles par la seule voie fédérale.

Responsable de club sportif travaillant sur un dossier de demande de financement auprès d'une County Sports Partnership dans son bureau associatif

Transposer le modèle des County Sports Partnerships en France

Le modèle anglais repose sur un financement centralisé via Sport England, redistribué localement par les Active Partnerships. En France, l’architecture est plus fragmentée : Agence nationale du sport, DRAJES, CDOS, ligues régionales. Aucun acteur unique ne remplit le rôle de coordinateur territorial polyvalent.

Trois axes concrets pour un club en quête de développement

  • Identifier les dispositifs de prescription d’activité physique sur son territoire (maisons sport-santé, programmes APA) et s’y raccrocher formellement, pas seulement par bouche-à-oreille
  • Solliciter un accompagnement structuré sur la protection des publics et l’inclusion, en passant par le CDOS ou la ligue régionale, pour professionnaliser l’accueil des publics fragiles
  • Participer aux instances de concertation territoriale (conférences des financeurs, schémas directeurs des équipements sportifs) où se décident les arbitrages budgétaires

Le frein principal reste culturel. Beaucoup de clubs considèrent encore que leur mission s’arrête à la compétition et à l’animation sportive. Les Active Partnerships montrent qu’un positionnement élargi, intégrant santé, inclusion et sécurité des pratiquants, ouvre des canaux de financement et de recrutement que le modèle fédéral seul ne couvre pas.

Le développement d’un club ne dépend plus uniquement du nombre de licenciés ou de la qualité de ses résultats sportifs. Les structures qui captent les flux du social prescribing, qui documentent leur impact social et qui s’insèrent dans la gouvernance locale construisent une résilience que les autres n’auront pas quand les subventions traditionnelles se contracteront.

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