Lorsqu’on découvre les arts martiaux en tant que femme, les questionnements d’ordre technique ne tardent pas à arriver. Comment les différences morphologiques avec nos homologues masculins sont-elles gérées durant l’entraînement ? Est-ce contraignant de s’engager dans les arts martiaux quand on est une femme ?

Des martialistes comme les autres…

Les clubs d’arts martiaux sont en général mixtes. Dans une séance classique, la pratiquante réalise donc les exercices aussi bien avec d’autres femmes qu’avec des hommes. S’il est indéniable que les hommes sont en moyenne plus grands et musclés, les arts martiaux ne se résument pas à la force brute. D’autres qualités, telles que l’endurance, l’agilité ou la précision sont primordiales. En développant ces atouts, les femmes peuvent devenir des artistes martiales accomplies et s’entraîner sans problème avec leurs congénères masculins.

Etant donné que les hommes sont bien plus nombreux dans les dojos, les femmes martialistes sont habituées à affronter des combattants qui les surpassent en carrure. Elles s’adaptent en conséquence et exploitent leurs qualités. Dans les arts martiaux de percussion (où l’on marque des points en frappant son adversaire à l’aide d’armes corporelles), elles peuvent handicaper leur opposant en se rapprochant un maximum de lui. Il n’a alors plus la place de déployer correctement ses bras et ses jambes, tandis qu’elles jouissent encore d’une bonne amplitude de mouvement. Dans les arts martiaux de projection (où l’on marque des points en mettant son adversaire au sol grâce à diverses prises), les femmes peuvent compter sur une technique affinée pour compenser la différence de puissance physique.

… Avec toutefois leurs propres besoins

S’il est nécessaire de relativiser les différences entre les femmes et les hommes, il ne faut pas pour autant les nier. Dans la plupart des clubs, le maître adapte certains exercices aux femmes en prenant en compte leurs spécificités physiques. Par exemple, il est généralement toléré que les pratiquantes effectuent des pompes en posant les genoux au sol. La répartition du poids dans leur corps n’étant pas la même que chez leurs comparses masculins, cet exercice s’avère plus difficile à réaliser pour elles de manière classique. L’important est de trouver la technique la plus efficace pour renforcer ses muscles.

Les femmes peuvent aussi porter des protections supplémentaires au niveau de la poitrine, ou transformer un exercice de sorte à protéger cette zone sensible. En cas de douleurs menstruelles, un maître compétent saura être compréhensif et permettre à la pratiquante d’adapter la séance à son état. Elle peut par exemple se concentrer sur des exercices n’exerçant pas de pression sur son ventre.

En définitive, être une femme ne devrait jamais dissuader de franchir les portes d’un dojo. Il est cependant nécessaire de considérer les forces et les difficultés propres des pratiquantes, afin qu’elles trouvent au mieux leur place dans la salle.