Considéré comme le trek le plus difficile d’Europe, le GR20 est très médiatisé. Si sa beauté spectaculaire attire du monde, une aventure en solo sur ce trek ne demeure pas moins tentante. Que vous soyez un randonneur débutant ou expérimenté, vous pouvez faire l’expérience du GR20. Après avoir relevé le défi du GR20 en solo, j’ai décidé de partager avec vous les grandes leçons retenues.
Se préparer en avance
Avant même de poser le pied sur le sentier, il faut accepter une réalité : le GR20 ne laisse rien au hasard. La randonnée sur GR20 exige de s’y préparer sérieusement. Relief escarpé, enchevêtrement de rochers, montées et descentes qui n’en finissent plus, chaleur écrasante, météo capricieuse… Rien n’est donné. Chaque étape cumule son lot de pièges, et la longueur totale du parcours pèse sur le mental comme sur les jambes.
Face à cette accumulation de difficultés, seule une vraie préparation permet de tenir. Même si le brouillard ne dure pas, il peut vite devenir une source de fatigue supplémentaire. Il faut aussi composer avec les orages, et ne jamais sous-estimer les passages aériens ou exposés. Le GR20 ne pardonne pas l’improvisation : il faut s’entraîner, arriver en bonne condition physique, et savoir s’écouter.
Démarrer tôt
Pour vraiment relever le défi du gr20, une règle simple s’impose : partir tôt, très tôt. Entre 6h et 7h30, le départ se fait à la fraîche, loin de la fournaise de la mi-journée. Les imprévus ne manquent pas sur ce parcours : une entorse, une chute, une hésitation au croisement d’un sentier mal indiqué. Prendre de l’avance, c’est s’offrir une marge de sécurité précieuse pour gérer l’inattendu, sans courir après la montre pour la sécurité sur le GR20.
Au petit matin, le sentier s’anime. D’autres marcheurs s’élancent aussi, ce qui rassure et crée une solidarité discrète. En cas de pépin, il y a toujours quelqu’un pas loin pour un conseil ou un coup de main.
L’autre raison de ce départ matinal : dès 11h, la chaleur s’impose comme une épreuve à part entière. Avancer avant ce pic thermique, c’est préserver son énergie et éviter le coup de chaud.
Opter pour les sacs à dos légers
L’équipement, c’est le nerf de la guerre. Sur le GR20, les sacs à dos légers font toute la différence. Ceux qui partent en autonomie complète doivent viser un sac d’environ 16 kg, voire 12 kg pour les femmes. Au-delà, chaque kilo superflu devient un ennemi, surtout quand le soleil tape et que la fatigue s’accumule.
Attention, il ne s’agit pas de remplir son sac n’importe comment. Ce poids inclut tout le matériel indispensable : trousse de secours, chargeur pour le téléphone, crème solaire, vêtements adaptés. Inutile de s’alourdir de gadgets inutiles : chaque objet doit prouver sa place. Ne négligez pas non plus la réserve d’eau. Sur certaines sections, trouver un point d’eau relève du défi : mieux vaut anticiper, et ne jamais partir avec une gourde à moitié vide.
Avoir les bons réflexes
Marcher seul sur le GR20, ce n’est pas jouer les héros. C’est surtout adopter les bons réflexes. Avant de partir, prévenez vos proches : donnez-leur vos dates de départ et de retour prévues, pour qu’ils sachent quand tirer la sonnette d’alarme si besoin.
Une fois engagé sur la trace, ne comptez pas sur votre téléphone pour garder le contact. Les zones sans réseau sont nombreuses. Et si vous avez défini un itinéraire, gardez-le. L’improvisation n’a pas sa place sur ces crêtes. Restez toujours sur le sentier balisé : c’est la garantie d’éviter les mauvaises surprises et de limiter les risques inutiles.
Gérer son alimentation et son hydratation
Sur le GR20, la dépense physique ne laisse aucun répit. Il faut donc penser à son alimentation et à son hydratation, sous peine de voir ses forces s’évaporer bien avant la dernière étape.
Pour tenir la distance, il faut prévoir assez de ravitaillement pour chaque journée. Privilégiez les aliments qui tiennent dans le sac et apportent un vrai coup de boost : barres énergétiques, fruits secs, noix, chocolat. Ces petites réserves font la différence quand l’énergie commence à baisser.
L’eau est un sujet à ne pas négliger. Sur le chemin, elle se fait parfois rare. Un filtre portable permet de sécuriser ce que l’on trouve dans les sources sur le trajet. Emporter plus d’eau, c’est porter plus lourd, mais c’est aussi s’assurer de ne pas tomber à sec à l’improviste.
Ne tombez pas dans le piège d’attendre d’avoir soif : il faut boire régulièrement tout au long de la journée. Une bonne hydratation maintient le moral et la forme jusqu’au bout, et peut faire la différence entre aller au bout ou devoir abandonner le projet.
Prendre soin de ses pieds et de son corps
Le GR20 n’épargne rien. Les muscles, les articulations, les pieds surtout, encaissent chaque jour l’effort d’un terrain exigeant. Prévenir les blessures et les petits bobos, c’est garantir d’arriver au bout.
Tout commence avec les chaussures. Elles doivent être rodées, confortables, prêtes à affronter les aspérités du sentier. Imperméabilité, résistance aux chocs, maintien : aucun détail ne doit être négligé. Avant de partir, vérifiez-les, testez-les, et glissez une paire de pansements anti-ampoules dans la poche. Le talc peut soulager la transpiration, la crème hydratante apaise les pieds meurtris.
Les vêtements techniques respirants et légers sont une autre pièce du puzzle. Ils évitent les surchauffes et réduisent les risques d’irritations dues au frottement, notamment pour les sous-vêtements. Rien ne doit entraver votre progression.
Récupérer après chaque étape, c’est aussi un réflexe à adopter. Prendre le temps de se reposer, masser ses jambes, écouter les signaux du corps permet de limiter la casse et de repartir plus fort le lendemain.
Une attention constante portée à son corps permet d’éviter bien des désagréments, et augmente nettement les chances d’aller tutoyer la ligne d’arrivée. Le GR20 ne fait pas de cadeau, mais à l’arrivée, la fierté d’avoir tenu jusqu’au bout prend une saveur toute particulière.

